vendredi 3 avril 2020

Hey, Joli Cul !

J'ai besoin d'un nouveau cul, le mien est trop gros.
Non, je ne parle pas de chirurgie esthétique mais bien couture XVIII; je parle du Cul de Paris (il a bien d'autres noms mais j'aime bien celui-là), ou pouf/faux-cul XVIII ème.
Le Cul donc, puisqu'il faut bien le nommer, apparaît à la fin du XVIIIème siècle pour rehausser les robes a la Polonaise, robes à la Lévite et autres robes à l'Anglaise et chemises à la Reine.

Caricature colorée que j'aime beaucoup "The Bum Shop" attribué à un certain R.Rushworth selon le MET.
Je ne vais pas faire l’histoire du Cul, d'autres s'en sont chargés bien mieux que moi et en savent beaucoup plus. Si mes coutures sont toujours précédées de recherches, je m'en tiens à en savoir suffisamment pour ne pas faire -trop- d'impairs.
L'avantage du Cul, c'est qu'il n'y a pas de formes, de tailles ou de grosseurs précises. Chacune fait comme elle veut, selon sa propre taille et son désir de se "Kardashier". D'ailleurs, si vous surfez un peu sur le net, vous vous rendrez compte que les résultats sont infinis, ou presque.

J'avais fais mon premier il y a quelques années, sur le modèle de Velours Bleu et Dentelle Noire dont j'étais tombée follement amoureuse. La taille, la forme, le volant, la toile utilisée... tout, absolument tout avait fait friser mon œil et je m'étais empressée de faire mon propre Cul sur ce spécimen inspirant.


Toutefois, s'il est bien fini et que j'en suis fière, il est trop gros pour la silhouette que je recherche actuellement.
Henriette a un derrière plus plat et franchement moins cambré que le mien.
Il est déjà conséquent sur mon mannequin, il l'est davantage sur moi. Mais pour se rendre compte de la bête, le voilà recouvert d'un jupon.

Dos-profil-face.
Alors?! Il est énorme, n'est-ce pas?! La Kardash' peut aller se rhabiller!

Je pourrais le rouvrir et en retirer la bourre mais je l'aime beaucoup trop pour le cannibaliser, et j'avoue : je voulais m'en faire un autre.
Après avoir erré quelques instants sur le net, me voilà chez la Duchesse Américaine avec ses superbes Culs:

Deux Culs proposés par American Duchess 
A gauche, vous avez le Split Bum (que Google me traduit en un délicieux Clochard Fendu) qui semble être deux gros pochons aux bas arrondis montés sur un 'demi-jupon' -plus ou moins long selon les modèles trouvés sur le net- et le Cul du Simplicity 8162, qu'American Duchess a édité et que les fans de la série Outlander utilisent, si je ne me trompe pas. Si c’est le cas, merci de m'en informer que je me corrige.
Et bien, mon cœur balançant, je ferai les deux! Et toc!

*****
Donc, commençons.
Tout d'abord avec le "Simplicity 8162" d'American Duchess.
J'ai repris le patron de mon premier Cul parce que le tracé de la taille me convient parfaitement, cette forme un peu ovale me ceint mieux que la forme arrondie que j'avais testé, et partir de là, j'ai dessiné quelque chose qui ressemble à celui de la Duchesse.


J'ai ressorti le tissu que j'avais utilisé pour mon corps baleiné avec lequel j'ai fait de très grands "paniers-poches" (parce que mon grand panier me gênait et il prenait trop de place dans l'armoire!) pour lesquels je vous conseille l'excellent tuto de Temps d'Élégance. J'ai donc coupé mes pièces là-dedans, deux fois au pli, et j'ai pu tirer deux grandes bandes de 10 cm de large qui me serviront à faire le volant. Vous pouvez le faire plus long, plus court ou tout simplement l'enlever. Personnellement, je le fais par amour des fanfreluches et qu'il casse aussi l'arête du Cul sous la jupe, adoucissant son tombé.


Ça ressemble pas à un Mickey un peu cornu des oreilles, non?! Un Mickey Diabolique!

Dans les reste, je pense que j'aurai juste de quoi faire le "Clochard Fendu", car oui, j'aime aussi assortir.
On assemble les bandes l'une à l'autre, on ourle un côté et on pose des fils de fronces sur l'autre avant de l'épingler à l'une des pièces et de piquer:

Vachement moins diabolique une fois froufrouté, le Mickey!

Ensuite, on pose les liens en sergé (ou en ruban, extra-fort, gros-grain... ce que vous avez) aux extrémités de la taille: 


On rabat bien tout le volant à l’intérieur ainsi que les liens et on épingle l'autre pièce endroit contre endroit avant de piquer tout le tour en laissant trois ouvertures de 8-10 cm dans le milieu de chaque arrondi. Pourquoi trois? Vous verrez.

Le retour du Mickey Diabolique, en plus joufflu peut-être.

Une fois fait, on retourne, on repasse ses coutures et trace les démarcations des trois coussins avant de piquer. Voyez l’importance de garder les vieux coussins inutilisés car s'ils sont moches, ils sont bien rembourrés et il n'y a pas de petites économies! 

La Reine des Neiges... je suis soulagée qu'ils aient attendu si longtemps pour faire une suite sinon on aurait replongé dedans la tête la première. Argh.
Et maintenant que les trois parties sont isolées, on est bien contente d'avoir laissé trois ouvertures pour les remplir chacun leur tour. Pour la quantité, c'est vous qui voyez. Comme dit précédemment, je voulais un Cul un peu plus plat donc j'ai rempli de façon modéré et j'ai vérifié sur mon mannequin juponné pour visionner le rendu avant de refermer à la main les trois ouvertures.
Et voilà le résultat:



Conclusion:

Je l'aime beaucoup, il donne un style différent moins prononcé, c'est exactement ce que je recherchais. Néanmoins, par rapport au modèle Simplicity, il me semble un peu plus large et un peu plus long mais je m'en fous puisque le rendu est parfait à mes yeux.
Le patron miniature sera dans le prochain post avec les mesures que j'ai utilisé. S'il vous semble bien gros à vous aussi, rien de vous empêche de le rapetisser.


A bientôt!!!





lundi 30 mars 2020

Corps baleiné et confiné

Hello, hello!

Confinement oblige, je m'occupe donc.
Me voilà repartie avec mes costumes historiques.
J'ai rapidement parlé du livre reçu pour Noël:


C'est un livre de patronage; on part de bases modernes de jupe, pantalon ou corsage basique et on les modifie pour en faire des pièces beaucoup plus historiques. Je dois admettre qu'il est très facile d’accès, pour peu que l'on bafouille un peu l'anglais, que l'on connaisse quelques termes techniques (et Google Trad quand ça coince) et que l'on sache se servir d'une règle et d'un crayon.
Donc, pour me faire une nouvelle robe Anglaise retroussée comme j'en ai très envie depuis un bail, me voilà partie, équipée comme il se doit:


 Pour terminer avec ça: 



Alooooooors... Fastoche. Un peu longuet car je devais sans cesse regarder où j'en étais sur les étapes et ne pas me tromper sur les mesures à reporter. Je connais mes mensurations, je me suis donc référencée sur la taille qui me semblait la plus appropriée du tableau même si le tour de taille indiqué était inférieur au mien de quelques centimètres. Optimiste, je me suis dit que de toutes façons, avec le corps baleiné, je serai réduite d'un peu et comme j'en ai rajouté en dessinant, ça passerait crème.
Grossière erreur!
Ça ne passe pas du tout!

Rien ne serait passé d'ailleurs. J'aurai dû m'en douter quand j'ai tracé les emmanchures, elles me paraissaient étroites mais, comme d'habitude, j'ai pensé que j'élargirai sur la toile. S'il n'y avait que ça... Prise d'un doute affreux, j'ai ressorti mon premier patron d'Anglaise que j'avais modifié en partant de l'indispensable Nora Waught pour comparer, car même s'il n'était pas parfait, il m'allait relativement bien : 

Le patron original tiré de "The Cut of Womens Clothes"

Verdict: l'horreur! Même si les pièces sont différentes, il suffisait de les mettre les unes sur les autres pour se rendre compte que le buste était trop court, le tour de taille affreusement étroit, la poitrine inexistante... Bref, patron inutilisable.
Déçue et découragée, car j'y avais salivé plus d'une heure et qu'il était 21h30, j'ai tout replié et tout rangé. Puis j'ai repris mon bouquin et j'ai bien tout relu. Je m'étais trompée sur quelque chose: il fallait d'abord tracer le patron d'un corsage basique, puis le modifier selon la page 131 pour en faire un corsage basique XVIII et ensuite seulement modifier selon la page 151.
J'ai sauté la première modifications, pressée que j'étais.
Le lendemain, j'ai mesuré les lignes de poitrine et de taille de ce fichu patron, comparé avec le tableau des tailles et suis partie sur la taille au-dessus. Car il est plus facile de réduire que de rallonger.
J'ai mis moins de temps, j'avais encore les étapes en tête. Et bien, croyez-le, croyez-le pas, après UNE SEULE toile, ça m'allait parfaitement. Un peu large (un comble) et un dos un peu lâche alors j'ai repris tout ça sur la couture dos. Im-pé-ccable!!

C'est là que je me suis rendue compte que mon corps baleiné qui me gênait un peu sous les aisselles avec quelques baleines un peu trop hautes devenait vraiment pénible sur le long terme. Alors j'ai pris mon courage à deux mains et je l'ai retouché. Tâche longue et fastidieuse mais pas difficile.
 J'ai retravaillé la ligne d'aisselle et il m'a fallut découdre le sergé, découdre proprement la doublure, séparer la triplure du tissu, sortir les baleines, en trouver et/ou en couper à la bonne taille, refermer le tout, couper le surplus et remettre le sergé.

Un seul côté modifié, on voit la différence quand on les ose l'un sur l'autre.

Côté modifié à droite.

 Et bien entendu, rajouter un petit bout car le sergé était devenu trop court.


Temps: 2h30. 
Mais ça en valait la peine, il est bien plus confortable. Ce ne sont que deux centimètres sur la courbe la plus basse mais c'est carrément mieux.

Forte de cette retouche satisfaisante, me voilà partie pour trier ma malle de costumes. Ce qui va assez vite car je n'ai pas grand-chose.
Je me suis débarrassée de ma première robe à la Française. Un truc énorme sur grands paniers, fait dans un tissu (pas trop moche, je l'aime bien) acheté 1 euro le mètre pour justement me faire les dents sans craindre de gaspiller.



 Étonnamment, elle n'était pas ratée. Pas parfaite pour autant mais je ne me suis pas manquée une seule fois, sauf que je ne l'ai pas vraiment finie. Il me manquait les fioritures et tous les falbalas mais j'ai été incapable de me décider et puis le tissu est assez chargé.
Le souci est qu'elle prend une place folle dans la malle et c'est un projet "importable" donc je l'ai démontée pour récupérer les baleines et le plus de tissu possible, qui me servira peut-être à faire de grands pochons dans lesquels je vais ranger mes costumes pour les empiler plus au propre.
Voilà, ce sont mes avancées depuis quelques jours. 

A bientôt!




mercredi 25 mars 2020

Corps Confinés

Bien bien bien.
Un an et demi sans post. Le temps passe trop vite.
Mais ne vous dîtes pas que si je n'ai pas posté, je n'ai pas cousu. FAUX! J'ai cousu... mais rien d'histo.
Ce qui m'amène à repenser ce blog. A la base, je l'avais ouvert pour y poster mes pérégrinations de couturière débutante dans le monde des costumées mais en fait, je vais élargir un peu.
Parce que j'ai fait des tas de trucs dont je suis fière et qu'il n'y a pas de raison que je ne les poste pas ici. C'est chez moi, je fais ce que je veux! Et toc!

Confinement oblige, je couds.
Je remercierai bien le Covid-19 qui m'offre cette occasion inespérée d'être chez moi avec homme et enfant et de n'avoir rien à faire d'autre que de coudre mais ce serait de mauvais goût, il faut penser à ceux qui doivent bosser envers et contre tout! Courage à ceux-là. 


 D'autant que je ne fais pas que ça, faut pas déconner. On trie, on range, on nettoie... mais petit à petit. Ça ne fait qu'une semaine, j'ai l'impression que ça fait plus. Et il en reste tellement à venir!

Bref, je n'ai donc pas chômé non plus, j'ai bel et bien cousu. Oh, des petites choses comme des ensembles robe-bloomer et tunique-pantalon légers pour ma dernière petite nièce de 15 mois. Elle sera la plus chic pour la saison chaude!



Plein de couleurs et de motifs différents, j'adoooooore!

Des tissus anciens et récents, des coupes simples et trop jolies, le petit plus est dans les motifs choisis! Je me suis régalée. J'en ai fait un par jour pendant cette dernière semaine. Je ne sais pas quand est-ce que je pourrais les faire passer pour ma nièce, j'espère bientôt.

Ah, et je me suis occupé des vieilles dentelles que j'avais lavées et reblanchies il y a au moins trois ans. Au moins! Ça faisait un joli sac de nœuds à la sortie de la machine, je les avais fait sécher comme ça et puis j'avais manqué de courage devant le boulot de démêlage et de repassage. J'avais tout fourré dans un sac.

Avec ma fille, nous nous sommes installées devant la planche à repasser et tout en discutant de ses avancées sur Minecraft, elle démêlait et je repassais. Résultat au bout d'une heure et demi:

Argh! ARGH!!!



J'ai du temps, je n'arrive pas encore à m'y faire, au moins jusqu'au 20 avril, au minimum. Alors je me mets en jambes avec quelques petits projets de ce genre et je m'attaque à plus gros bientôt: une nouvelle Robe à l'Anglaise!!!
Mais cette fois, je compte faire le patron, un truc qui tombe bien et parfaitement, car j'ai eu ceci pour Noël:


Alors à bientôt pour de nouvelles aventures!!!



mardi 9 octobre 2018

Corps baleiné XVIIIème, 3ème partie et fin!

Donc voilà où nous en sommes.


J'ai posé et rebrodé mes œillets, puis assemblé les pièces. Des deux côtés, bien entendu. Il n'y a pas de tassettes? Mais si, elles ne sont juste pas encore découpées. Je fais comme Sanna K qui ne découpe les siennes qu'une fois tout le baleinage enfilé donc on verra plus tard. Et comme elle, j'ai piqué tous les bords des pièces à deux millimètres, histoire de maintenir toutes les épaisseurs ensemble. D'habitude, j'aurai surfilé d'un point zig-zag mais cette piqûre est bien plus discrète et rapide.
J'ai utilisé des œillets de 5mm doré que j'ai recouvert au coton à broder blanc teinté au thé. J'avais peur de ne pas avoir assez mais il me reste largement de quoi rebroder les œillets des bretelles.
J'aime bien teinter au thé, ça tient bien et on a une belle gamme de coloris. J'aurai sans doute dû laisser infuser davantage parce qu'il y a un léger décalage entre le fil et le tissu mais c'est pas grave.

 

Néanmoins, je n'ai pas une totale confiance en la solidité de ma broderie alors j'ai arrosé les œillets de fray-check et si ça durcit un peu le tout, je me sens rassurée. Alors, oui, ils ne sont pas parfaits et pas toujours d'une belle régularité mais j'en suis plutôt fière, d'autant que j'ai tordu deux aiguilles et pété une troisième à cause de la triplure. Il n'était pas rare que je m'aide d'une petite pince pour tirer l'aiguille.

Ensuite, j'ai baleiné; acier plat pour les premier canaux dos et devant et acier spiralé pour le reste. Oui, je sais que c'est pas histo-compatible mais l'acier plat partout, c'est juste pas possible pour moi. Même en semi-baleiné, ça reste lourd à porter et surtout, ça me tue la cambrure et le gras. Last but not least : personne ne le verra et/ou le saura.
Et j'ai enfin ouvert les tassettes :


Puis je me suis occupée de la doublure. J'avais un joli coton assorti mais avec les canaux cousus en lie-de-vin, ça se voit franchement par transparence et...c'est moche, voilà.
"Oui mais on le verra pas puisque ce sera contre toi". Certes mais MOI, je le vois et ça me gêne.
"Si t'avais utilisé la bobine en lie-de-vin et la canette en beige, t'aurais pas eu ce problème". Bon sang mais c'est bien sûr! Que n'y ai-je point pensé tantôt?! Ben si en fait, j'étais même partie pour faire comme ça mais avec les épaisseurs et malgré les différents réglages, le fil de canette remontait sur l’extérieur et ça faisait le lie-de-vin comme en pointillés. Déjà que mes coutures ne sont pas très droites alors si en plus, elles sont en pointillés!

J'ai donc pris une autre toile de coton assez épaisse pour couper ma doublure et si pour commencer, j'ai fait comme Sanna K qui coupe les deux pièces dos en une seule, et la dernière tassette à part, j'ai déchanté lors de l'épinglage sur le corps : le tissu gondolait et tiraillait, impossible d'avoir quelque chose d'équerre. Donc, retour à la doublure coupée sur chaque pièce. Ça me fera deux coutures supplémentaires mais au point ou j'en suis!


Et on va tout monter à la main, tranquillement à petits points. Bien entendu, j'ai d'abord fixé les surplus de couture au corps à grands points lancés pour éviter d'avoir des épingles partout et je me suis attelée la tache.



Armez-vous de patience, d'aiguilles de rechange et d'un bon dé à coudre. Et de quelques épisodes de votre série préférée ou de films.Comme vous pouvez le constater, j'ai monté chaque pièce de doublure sur chaque pièce du corps, c'est long mais c'est beaucoup plus joli. Je n'ai pas réussi à comprendre comment a fait Rococo Atelier, j'ai donc fait de manière un peu intuitive et le résultat est plutôt chouette.



Ensuite, nous allons attaquer les finitions avec le biais/sergé, et j'ai finalement opté pour du sergé. Du vieux, hein? De celui qu'on utilisait pour les accroches de torchons! Tissé bien serré, large d'un centimètre et teinté au thé pour que les couleurs soient les plus proches possibles. Là aussi, ça a été un peu long, surtout en bas à cause des tassettes car à la différence du biais qui s'adapte facilement et qu'on peut étirer et contracter dans une moindre mesure pour l'adapter au plus près, le sergé est plus délicat à mettre en place.
J'ai commencé par l'intérieur et comme mon sergé est assez étroit, j'ai tracé le long du bord une ligne de repère pour ne pas trop dévier et manquer le largeur au moment de rabattre sur l’extérieur.
Faite à l'encre thermosensible (Pilot Frixion, Uniball TSI, Papermate Replay), un coup de vapeur une fois terminé et hop, plus rien!


Les premiers angles sont compliqués à négocier, on galère à faire un pli propre ou l'arrondi joli et puis on prend le pli (sans mauvais jeu de mots) et à coudre, je trouve ça beaucoup plus agréable que le biais, d'autant que la petite largeur me faisait moins de matière à gérer dans le haut des tassettes. Alors, ok, c'est pas parfait mais j'en suis hyper fière!





Je vous épargne les photos du haut parce que c'est de la ligne droite, trop fastoche (ou presque). Voilà donc la bête terminée, enfin. Soyez indulgent(e)s, les mannequins ne sont pas faits pour porter les corps baleinés et autres corsets.




Un jour, je ferai des photos sur moi mais en attendant, soyez sûr (e)s qu'il me va parfaitement. Il est très confortable et qu'il soit aussi lacé à l'avant m’éviter de douloureuses contorsions et me fait gagner cinq bonnes minutes à l'habillage. 

Merci de m'avoir suivie jusque là. Je planche déjà sur la suite! 
A bientôt!


mercredi 26 septembre 2018

Corps baleiné XVIIIème 2ème partie

Mais... il s'est passé plus de 3 mois entre cet article et le précédent!
Je n'ai pas cousu pendant mes vacances (si loin, désormais) et j'ai bossé tout le reste de l'été. Puis est venue la rentrée scolaire et je recommence juste à toucher terre. J'ai donc pu m'y remettre allègrement!
Donc, le corps baleiné.

J'ai finalement utilisé trois épaisseurs car si mon tissu extérieur est très joli, il est un peu souple et je ne voulais pas que l'on puisse voire le baleinage. Enfin, oui, on va le voir quoi qu'il en soit, mais on voyait un peu trop l'arrête des baleines et je trouvait les coutures pas assez "rebondies". Je sais pas comment expliquer, elles faisaient "plates" et "sèches", ça faisait pas du tout des petites points ronds bien dodus comme j'aime alors j'ai triplé. J'ai utilisé une grosse toile de coton tissée serré en guise de coutil, un ancien drap de coton comme "matelassage" et mes fleurettes.
Voilà la partie que j'aime pas du tout mais qui est pourtant la plus importante: la coupe. En double épaisseur pour chaque pièce, s'il vous plait: une en "matelassage" et l'autre en fleurette. Je ne compte pas le coutil, c'était si fastoche que ça revenait à dessiner sur du papier et à le découper.

 


Le "matelassage". Ça ne se voit pas mais il y a des trous énormes sur le milieu de ce drap alors que les bords sont impeccables. J'aurai pu/dû le jeter mais je lui ai enfin trouvé une utilité!
Et pour parfaire le tout, j'ai voulu les couper drap sur fleurettes mais les deux tissus se gênaient et se tortillaient malgré les épingles, et au bout de la deuxième pièce ratée, j'ai décidé de couper le matelassage puis les fleurettes. Double coupe. You-pi.


J'ai rajouté 1 cm de valeurs de couture et 4 cm pour les retours sur œillets des devants et dos. Du reste, la prochaine fois, j'en rajouterai 4,5 ou 5, histoires de couvrir les œillets et les deux baleines au complet mais je me comprends.

Cette règle de quilting... j'ai toujours fait sans avant et je me demande comment j'ai pu m'en passer si longtemps!
Une fois qu'on a bien tout coupé et que tout est repassé, épinglé et tracé, on va...coudre les canaux de baleinage! Youhou!


Quelle tâche longue et fastidieuse. D'autant que j'avais beau coudre droit, la trame de mon coutil était tellement épaisse qu'elle déviait légèrement mon aiguille en diagonale, d'un fil à l'autre. J'ai des coutures toutes gondolées et c'est rageant. Mais ça se voit moins à l'extérieur qu'à l'intérieur grâce aux fleurettes, et ça se verra encore moins une fois baleiné et encore encore moins une fois le corps porté. Et encore encore encore moins de LOIN! Ah!
Donc pardonnez mes coutures qui divaguent, à croire que j'avais picolé avant. 
Important de coudre en carrés là où vont se croiser les baleines verticales et horizontales. C'est tout bête mais une fois lancée dans le truc, on ne voit plus grand-chose que ces canaux tout droit et on se rend compte de sa boulette quand il faut attaquer les horizontaux ("Oh 💩, 💩 et 💩! Espèce de 💀!!!). Donc:


 Et quand on a fini:


Une fois fait, on prend son ouvrage en photo en se demandant si on aura assez de baleine et si on va vraiment faire ses œillets à la main comme le fait si joliment Sanna K. Parce qu'on a essayé plein de fois, on s'est bien entraînée mais c'est d'une telle laideur et on a si peu confiance dans la qualité et la solidité de sa broderie... Non, pas cette fois. Je crois que je vais mettre des œillets en métal et je vais rebroder par dessus comme a fait The Merry Dressmaker. C'est très chouette et vaguement raccord question histo.
Non pas que je veuille faire le plus historique possible mais comme le laçage devant se verra bien, autant le faire discret.


A bientôt!


mardi 19 juin 2018

Corps baleiné XVIIIème, 1ère partie

Il m'est souvent arrivée de me demander pourquoi il y avait parfois un tel écart de temps entre deux posts sur l'un ou l'autre de mes blogs préférés. Maintenant que j'en ai un, je sais: la vie!
Mon dernier post remonte à décembre, mais je ne me suis pas arrêtée de coudre pour autant, bien au contraire.
Bon, rien qui ne mérite d'être vraiment montré puisque ce sont des peccadilles comme des ensembles de lits de bébé pour des copines enceintes, du bavoir à la chaîne, je me suis ratée une robe, puis une autre...Et puis pas forcement l'envie de me mettre à coudre après le travail. C'est pourtant pas les projets qui manquent!
Tenez, par exemple, l'autre soir je retombe sur "Autant en emporte le vent" à la télé.


Bing! Des envies de crinolines et de robes façon Sécession et Belles du Sud. Ça bougeait pendant les quadrilles, ça virevoltait dans les mouvements, ça s'évasait gracieusement autour des tailles corsetées... Du coup, je les ai notées sur ma liste pour le Père Noël de choses "à faire quand j'aurais un peu de temps et l'envie de folle de me pendre avec du ruban avant la fin".

Bref, revenons à nos moutons parce qu'avant tout ça, j'ai d'autres projets; soyons méthodiques et prenons-les dans l'ordre.


D'abord, un nouveau corps baleiné parce que le mien a ses défauts et que même s'il est très chouette, en avoir un deuxième avec lequel tourner ne serait pas du luxe. Je le trouve un peu court et s'il est confortable, j'en ai envie d'un autre avec un laçage devant.
Hypnotisée par celui de Rococo Atelier, je me suis donc attelée à faire un nouveau patron. Je ne le voulais pas "trop" baleiné (il en aura pourtant davantage que l'autre) et pour ménager mon gras et ma cambrure, ce sera un mélange d'acier plat et de colson. Il semble que ces derniers soient pas mal employés dans les blogs alors je vais aller faire un tour chez Casto dés que possible.
Je n'ai pas cherché à reproduire une époque précise, je me suis surtout beaucoup inspirée de celui de Sanna K , beaucoup, beaucoup, beaucoup! Peut-on le qualifier de copie? Sans doute mais que les cousettes se rassurent, je n'en revendique aucunement la paternité (ça se dit pour une femme, d'ailleurs? Ne devrait-on pas dire maternité? ), je l'écris même 'haut et fort': L'ORIGINAL EST DE ROCOCO ATELIER! Et du reste, je ne compte pas le vendre, il est pour moi.

Néanmoins, me concernant, la base vient d'abord de "Corsets and Crinolines" de Nora Waugh (si vous voulez l'original, clic! ) :

Planche sur laquelle tout le monde s'est arraché les cheveux pour la mettre à l'échelle. Les plus chanceuses ont eu accès à Photoshop, les autres ont dû tracer des quadrillages. Plein de quadrillages.
Pour mon premier corps, j'ai fait beaucoup de toiles avant de tomber sur un bon truc mais je débutais un peu dans l'histo alors le patron a quelques défauts. Et je l'ai pas mal traficoté, donc il ne colle plus trop à l’original sur les pièces dos et les bretelles. Mais il m'a aussi servi de fondation pour celui-ci -puisqu'à ma taille- et, équipée comme il se doit de matos à dessin de compet' (bout de gomme récupéré dans la trousse de ma fille, mon bon vieux critérium mâchonné, réglet qui fouettait les mollets en cours de maths et règle de couturière), je me suis attaquée à la reconstitution de ceci:

Source: Rococo Atelier, tiré du tutoriel pour corps baleiné, 1 ère partie.
Ce qui a donné cela:

En kraft, mon premier corps. En blanc, mon nouveau.
Donc davantage baleiné, les tassettes plus étroites et carrées, un peu plus long sur le devant aussi.
J'ai fait une toile, une seule. En gros coutil qui serre bien et juste un peu baleiné 'pour voir'. Il tombe bien, il ne me gêne pas et avec l'ouverture sur le devant, c'est vachement plus facile pour se lacer toute seule! \o/
Important, ça, de pouvoir de débrouiller toute seule. Oh, j'y arrivais bien avec mon autre mais ça me prenait un temps fou, une suée et un mal d'épaule alors que je commençais tout juste à m'habiller. De plus, je n'arrive pas à coudre longtemps en corps ou en corset et, baste! Il faut bien essayer ses créations en cours en dessous pour voir si tout va comme il faut! Autant dire que le laçage devant va drôlement me faciliter la vie! :)

Mon patron est fait, je vais pouvoir couper.
J'ai choisi ceci:

La couleur du biais ne rend pas bien, il est beaucoup moins rouge, plus bordeaux. Assorti, quoi!

Une toile de coton à l'imprimé floral vintage 'made in Italy' garanti grand teint, sans doute un rideau au vu de sa grande largeur. Quant au biais, ce sera du satin synthétique assorti mais je ne suis pas fixée parce que la manière dont Sanna K finit avec un petit sergé me séduit abominablement.
Si vraiment mon biais me casse les pieds ou si je ne suis finalement pas convaincue par le rendu, je ferais comme elle.
Quoi, le tissu? Le biais ?
Oui, c'est pas histo... Et alors?! 😊